Henri, t’es-tu procuré facilement un iPad ? Rien de plus facile. L’iPad est sorti un samedi aux Etats-Unis, je l’ai acheté de passage à New York le jeudi suivant, dans l’Apple Store de la 67 ème rue. Il y avait de l’affluence, mais ni plus ni moins qu’un autre jour. Par contre, le premier modèle était déjà en rupture de stock : j’ai donc pris la version supérieure, 64 giga, à 650 $ toutes taxes comprises, soit environ 480 €. Et comme dans tous les Apple store du monde entier, c’est le même vendeur qui a assuré toute la vente : il a fait la démo, il est allé chercher le produit en stock et il a saisi la facture sur son iPod que j'ai reçu directement par e-mail. L'iPad ne fonctionne actuellement qu'en wifi, d'un point wifi à un autre point wifi. Apple lancera plus tard une version avec une clé 3G. Qu'elles ont été tes premières impressions, en déballant l'objet ? 1- L’iPad est livré tout seul, sans notice (!). Dans une grande boîte, il n’y a que lui et un câble d’alimentation. 2- L’objet est très design, comme d’habitude chez Apple 3- Il est très tactile, très sensuel. La navigation par écran tactile, c’est un vrai bonheur. Après, c’est à chacun de trouver « sa » bonne position. L’iPad n’est plus un objet que l’on pose sur sa table, on le met sur ses genoux. La tablette n’est-elle pas un peu lourde ? Non, son poids n‘est pas gênant, il est même rassurant. Et le confort est formidable : on n'entend pas le ronflement du ventilateur, et le confort auditif rejoint là le confort tactile et visuel. La batterie dure longtemps, 2 ou 3 jours. Il est possible que l’iPod Touch prenne un coup de vieux. L’iPad a une surface 4 fois plus grande qu’un iPhone. Il offre un vrai confort pour taper, pour lire. Et il va beaucoup plus vite. A quoi sert un iPad ? J’ai beaucoup réfléchi. C’est un produit de mobilité. Et j’utilise à dessein le terme produit, car ce n’est ni un ordinateur, ni un téléphone. C’est idiot de comparer l’iPad à un ordi ou à un téléphone. C’est autre chose. C’est un produit de lecture - textes, photos et vidéos - et un produit de réactivité : vous recevez des emails et vous pouvez y répondre. Vous avez des photos et vous pouvez les commenter, etc.… En matière d’usage, il faut que chacun trouve sa manière de l’utiliser. Mais ce n’est pas un produit de création. Sur l’ordi, on a tout sous la main et on peut écrire un livre de 200 pages sur le clavier. Cela me semble plus difficile sur un iPad. Même si les touches de l’iPad reprend la technologie de l’iPhone : les mots sont complétés au fur et à mesure que l’on écrit. L’iPad va même plus loin avec les accents, en proposant immédiatement le bon accent sans autre intervention de la main. L'IPAD EST UN OUTIL DE MOBILITE. C'est un outil de lecture et de réactivité - l'information vient à soi et on peut y réagir - mais CE N'EST PAS UN OUTIL DE CREATION. Il semblerait que l’iPad soit aussi particulièrement bien adapté aux séniors et aux très séniors. Une vidéo a montré une centenaire, à qui l’on a mis entre les mains un iPad : on la voit naviguer dessus comme si elle l’avait toujours fait, alors qu’elle n’a jamais eu d’ordinateur de sa vie. Les seniors sont sans doute une cible intéressante pour Apple à cause de la simplicité de navigation de l’iPad et du fait que l’on peut élargir à loisir les caractères. L’iPad est-il un objet transgénérationnel ? Là aussi c’est une grande inconnue. Il faut apprendre à l’utiliser. Les jeunes vont peut-être l’utiliser pour de la consultation : Google, Wikipedia, Facebook… Y a-t-il un marché pour des apps à usage professionnel ? Je ne pense pas que des apps bureautiques transforment l’iPad en substitut de l’ordinateur de bureau. ndlr : Selon Gartner, 5 000 à 10 000 apps pour l’iPad vont être créées par des développeurs d’ici la fin 2010. Et Apple va commercialiser sa suite bureautique iWorks pour l’iPad ( 29,97 $ pour l'ensemble : traitement de texte, gestionnaire de notes et tableur). Amazon avec son Kindle a-t-il du souci à se faire ? Encore une fois, ce sont deux outils différents. Avec le Kindle, on se trouve dans un univers fermé. Avec l’iPad, on est dans un espace interactif, ouvert : on peut "copier-coller" un texte d'une page de livre où d'un article. On utilise le contenu comme on le veut. La tablette et l'ordinateur fonctionnent comme un éco-système ou si l'on préfère, comme un porte-avion (l'ordi) muni de ses avions (l'iPad et/ou l'iPhone). Une fois l’iPad synchronisé avec l’ordinateur vous partez à la chasse, mais vous devez d’abord passer par l’ordinateur. L’iPad va-t-il changer ta manière de travailler et de consommer les médias ? Exit ton Mac? En fait, chacun apprécie tous les outils qu’il a à sa disposition, à sa manière. Selon les endroits où j’irai et selon ce que j’aurai à y faire, j’emmènerai l’un ou l’autre. Mais peut-être que l’ordi restera indispensable. N’oublions pas aussi que chaque nouvel outil demande un temps d’apprentissage. Il m’a fallu 2 à 3 mois pour me familiariser avec toutes les fonctionnalités de l’iPhone. ndlr : La commercialisation de l’iPad en France est attendue pour fin mai. C’est à partir de ce jour là que les détenteurs d’un iPad en France pourront l’utiliser en profitant de toute sa puissance. C’est-à-dire en téléchargeant dans l'iBook store française les apps – gratuites et payantes – que les éditeurs auront concoctés, en exploitant l’avancée technologique de l’iPad. cp[